29 avril, 2008

Prêt à tout pour vendre.

Je suis sûr que ça vous est déjà arrivé: vous venez à peine de franchir la porte d'un magasin dont la vitrine vous a plu et vous vous faites déjà interpeler par l'un(-e) des vendeurs (-euses) qui vous lance un "puis-je vous aider ?" qui vous laisse coi tandis que l'on essaie à tout prix de vous vendre "cette chemise (qui) vous va si bien !". Imaginez maintenant qu'au lieu d'aller dans un magasin pour cela, c'est le vendeur qui vienne chez vous pour cela.
C'est un peu ce qui se passe avec notre cher Sarko-One. Il nous a déjà fait le coup avec la vente de matériel nucléaire avec la Lybie (tout en profitant de la libération des infirmières bulgares), puis avec la Chine (à laquelle il a cédé les moyens de se passer dans un avenir proche des avions EADS) et maintenant voilà qu'il nous fait le coup avec la Tunisie cette semaine.
S'il s'était agi de vendre tout cela à des pays s'étant engagés dans la voie de la protection des droits de leurs citoyens (et des autres) je n'en serai pas offusqué. Mais là, il y va quand même fort !
Tout est bon pour vendre, on dirait un camelot sur un étal de marché en train de brader sa marchandise car il veut vendre à tout prix, quitte à y perdre ce qui fait sa spécificité.
Comment peut-il aller en Tunisie et ne pas fustiger la manière ignominieuse dont ce pays traite ceux qui s'opposent au pouvoir en place (depuis déjà trop d'années, d'ailleurs) ? Comment peut-on en faire autant avec la Chine en envoyant je ne sais combien d'émissaires avec je ne sais combien de lettres et mots d'excuses à propos de ce qui s'est passé lors du passage de la flamme olympique à Paris ?
D'ailleurs à ce (dernier) propos, je partage tout à fait l'analyse de certains experts qui nous expliquent qu'en agissant ainsi, la France se rabaisse dans la relation qui l'unit à la Chine. D'autres pays tels que l'Allemagne ou la Grande-Bretagne n'hésitent pas à critiquer la situation des droits de l'homme dans nombre de ces pays, alors qu'ils y ont bien plus d'intérêts financiers que nous et y ont donc bien plus à perdre.
Tout ce qui intéresse notre Sarko-One, c'est de pouvoir vendre tout plein de choses à l'étranger afin de faire rentrer des sous en France (nous ne cessons de lui dire que notre pouvoir d'achat ne nous permet pas de relancer notre propre croissance). Logique, puisque les siens ne peuvent acheter, autant permettre aux autres de le faire, et peu importe si ces autres ne sont pas (ou très peu recommandables) ou si je m'assieds sur les principes de mon pays.
En même temps, il faut l'avouer, malgré toutes les déclarations officielles qui ne cessent de vouloir nour montrer que la Françafrique, c'est terminé, la dernière déclaration de notre cher monarque...euh président, pardon, en Tunisie nous montre à quel point elle est encore d'actualité (de même que les dernières preuces de bonne foi et d'excuses données au président gabonais suite à un reportage de France 2 sur ses possessions en métropole): surtout ne pas se fâcher avec tous ceux que nous avons aidés à mettre au pouvoir, qui en savent beaucoup trop sur nous et tant pis si leur population souffre.
Et puis, en conclusion, je dirais juste ceci: à quoi d'autre peut-on s'attendre de quelqu'un qui bafoue les droits de l'homme et du citoyen dans son propre pays ?

1 commentaire:

emmanuel a dit…

Moi, notre premier VRP national, je le plains : c'est nous qui exigeons de lui qu'il fasse la p*te à l'étranger (nous ne voulons pas cotiser plus longtemps pour la retraite ; nous ne voulons pas que le prix des carburants grimpe trop vite ; nous voulons des hôpitaux partout et des bureaux de poste dans chaque village... et j'en apsse). Pour tout ça, il faut des pépettes, mais nous ne voulons pas plus de taxe. Les français veulent un caddie plein mais ils ne veulent pas passer à la caisse. Ça va mal finir.